Du plaisir pour les enfants dans les bibliothèques publiques du Canada

Les dieux de l’Infierno

Par Camille Bouchard
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Chapitre 9

Chapitre 9 : Le sauvetage

— Bonjour! lance Maria. Il faut vite enfiler ces combinaisons, sinon vous allez mourir de chaleur.

Les deux jeunes parents se regardent, l’air abasourdi. Ils ne semblent pas avoir compris. L’homme s’adresse à Maria en baragouinant dans une langue dont je ne saisis absolument pas un mot. Je demande :

— C’est un dialecte autochtone?

— Je ne sais pas, répond mon amie. Personne ne parle comme ça par ici.

 Maria agite les EPI et reprend :

— Bon, je vous explique : vous mettez ces vêtements, d’accord? Ils sont grands pour vous, mais vous placez aussi un enfant dedans. Ça va? Vous avez compris?

Probablement que les deux malheureux n’ont rien saisi des paroles de mon amie, mais celle-ci a fait tellement de gestes avec les bras que son explication est claire. Après une vague hésitation, les deux inconnus nous laissent les aider à enfiler les EPI puis à fixer les heaumes sur leur tête. Les enfants font une grosse bosse sous leurs vêtements à la hauteur de la poitrine.

C’est ainsi que nous reprenons le périlleux chemin de retour. Nous sautillons sur les pierres brûlantes qui émergent sur la peau calcinée du volcan.

Lorsque nous rejoignons enfin l’orée de la forêt tropicale, Maria et moi sommes épuisés.

— Vous avez été formidables, tous les deux! nous accueille papa. Vous avez sauvé cette famille!

— Oui, vraiment! approuve monsieur Gonzales. Vous êtes des héros!

Et il serre sa fille contre lui.

En enlevant mon heaume, l’air me paraît plus frais. Pourtant, la température doit bien avoisiner les quarante degrés. Il y a de plus en plus d’arbres en feu. Je me réjouis d’ôter mes gants, d’essuyer mon front et de passer une main vigoureuse dans mes cheveux.

Nous buvons à un ruisseau voisin. L’eau est chaude, mais non contaminée. Pendant que nos rescapés se débarrassent de leur EPI, j’entends monsieur Gonzales s’étonner encore.

— Mais enfin, d’où ils sortent ces deux coquins? Ils parlent entre eux une langue inconnue. Ils sont vêtus de pagnes comme voilà des siècles. En plus, ils ont des tatouages étranges.

Je profite du répit pour tirer mon téléphone cellulaire de ma poche.

— Tu as reçu un autre message de ta mère inquiète? me demande Maria, un brin moqueuse.

— Non. Je n’ai aucun signal.

— Et ça, c’est quoi, ce fichier avec une image du volcan?

— Hier, j’ai fait de la recherche sur l’Infierno. J’ai même retrouvé la légende que nous raconte ton père.

— Et cette boule de feu, là? s’informe-t-elle, le doigt sur mon écran.

— Un autre mythe de ton pays qui parle d’une étoile tombée sur le volcan en éruption, voilà huit cents ans.

— Ça ressemble à ce qu’on a vu, tu ne trouves pas?

— Tu as raison, que je réponds en plissant les yeux.

Je me mets à lire rapidement le texte que j’ai téléchargé la veille sur mon disque dur. Maria, le menton appuyé sur mon épaule, parcourt l’article en même temps que moi.

Tout à coup, nous abandonnons la lecture pour nous regarder yeux dans les yeux. Nos quatre paupières s’arrondissent comme des pleines lunes.

— Mais c’est incroyable! s’exclame Maria si fort que les adultes se tournent vers nous.

Et j’appuie sa surprise en confirmant de mon côté :

Nous avons fait un voyage dans le temps!

Comment expliquerais-tu un voyage de 800 ans dans le passé?

Réponses

thomas2310

🎂

26 août
lectrica

se serait cool

21 août
olive

le passage est magique et les a ramenés dans le passé.

11 août
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