Du plaisir pour les enfants dans les bibliothèques publiques du Canada

Les dieux de l’Infierno

Par Camille Bouchard
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Chapitre 12

Chapitre 12 : Le retour à Selvarica, âge +800

Nous retrouvons nos EPI, que nous avions laissés à l’orée de la forêt. Nous les endossons immédiatement. Presque tous les arbres sont maintenant en feu.

— Approchons-nous le plus possible du sommet, crie papa, et attendons! Je vois une grosse pierre plate là-bas où nous pourrons nous insta…

— Là! l’interrompt monsieur Gonzales.

Ce dernier, de son énorme index protégé par le gant d’aluminium, désigne le ciel. Ma visière me renvoie l’image un peu déformée d’un trait lumineux qui perce le nuage de cendres. L’une des extrémités grossit à vue d’œil.

— C’est le bolide! confirme papa. Misère! Il était moins une. Nous revenons juste à…

Et, comme lors de la première fois, je n’ai plus chaud, je n’ai plus soif et je ne ressens plus le poids de ma combinaison.

Je perds connaissance.

Lorsque je me réveille, étendu au pied d’un arbre, j’entends mon père déclarer :

— Personne ne croira notre histoire. Je pense qu’il vaut mieux garder le secret pour nous.

— Bonne idée, approuve monsieur Gonzales.

Je n’ai plus mon heaume sur la tête, mais je suis toujours revêtu de ma combinaison. L’air n’est pas trop chaud. Le ciel est bleu, sauf pour un étroit nuage de cendres que renvoie le sommet de l’Infierno. Il y a quelques coulées de lave, mais beaucoup moins qu’avant de tomber sans connaissance. Aucun arbre n’est en feu.

Maria me tend une bouteille d’eau. Je bois goulûment avant de lui demander :

— D’où sors-tu cette bouteille?

C’est papa qui répond à sa place, le visage fendu d’un large sourire.

— Nous sommes revenus au XXIsiècle. Regarde : j’ai récupéré mes échantillons.

— Et nous avons aussi retrouvé le cactus! rigole le père de Maria. Maintenant, je sais d’où il sort, celui-là. C’est l’une des graines que tu as laissé tomber… il y a huit cents ans!

Comme convenu, lorsque nous retournons au village de Selvarica, nous ne parlons pas de notre aventure. Effectivement, tout le monde rirait de nous. Ça restera un secret entre Maria, moi et nos deux papas.

Puisque l’éruption de l’Infierno est beaucoup moins importante au XXIsiècle que huit cents ans plus tôt, la forêt ne brûle pas et il n’y a pas trop de cendres pour recouvrir la région. Papa confirme que, selon son expérience de volcanologue, il n’y a plus rien à craindre de l’Infierno. Du moins, pour l’instant. Il validera sa conclusion après avoir analysé ses échantillons au Canada.

Le soir venu, c’est donc la fête. Et, comme d’habitude, on demande à monsieur Gonzales de raconter une légende. Évidemment, celui-ci choisit encore celle des habitants prisonniers du volcan en éruption.

— On ne s’en lasse pas de celle-là, lance une sœur de madame Gonzales.

— Surtout avec les événements d’hier, l’appuie son mari.

Lorsque le père de Maria cite le passage où trois dieux à la peau de métal souple surgissent de nulle part pour porter secours aux malheureux, la majorité de l’auditoire se met à rire.

— Qu’est-ce qui se passe? demande monsieur Gonzales. Pourquoi vous moquez-vous?

— Tu es rendu trop vieux pour raconter les légendes, réplique une femme qui se tape sur la cuisse en rigolant.

— Tu ne sais plus conter ni compter, pouffe un homme.

— Mais enfin, Julio, le gronde madame Gonzales, tu t’es entendu?

Elle prend une grosse voix avant de poursuivre :

— « Trois dieux à la peau de métal souple. » Tout le monde sait que ce n’est pas ça.

— Hein? s’étonne monsieur Gonzales. Bien sûr que si. C’est la légende.

— Mais non! désapprouve la femme. L’histoire a toujours été rapportée ainsi : ce sont quatre dieux qui sont venus porter secours aux villageois.

FIN

Qui sont les quatre dieux qui ont porté secours aux villageois? Que penses-tu de cette histoire?

Réponses

pinky9

Émile, Maria et leurs pères

23 août
hiba

Émile Maria et les deux pères

8 août
dorcas30

Émile, maria et leurs 2 pères

1 août
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